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  • Rencontre européenne de Taizé

    Paris, 28 décembre 2025 – 1e janvier 2026

    Après avoir été accueilli à Ljubljana en 2023 pour les Rencontres européennes de Taizé, puis à Mugnano près de Rome en 2025 pour le Jubilé, j’ai pu à mon tour prendre part à l’accueil des participants de ce « pèlerinage de confiance sur la Terre », tout en étant moi-même accueilli à la Com’, à Ivry. Accueillir, en étant accueilli : je crois que cela exprime bien à quel point, en désirant donner, rendre pour tout le bien que j’ai reçu, je découvre que je reçois encore davantage.

    Au long de ces quelques jours, nous avons partagé le repas, la prière, et vécu des temps de partage biblique, d’échanges informels, de fête… J’allais de rencontres en retrouvailles, je faisais connaissance avec ceux que nous avions accueilli à la paroisse, et notre petit groupe de volontaires s’élargissait.

    Je pense, si je devais résumer ces Rencontres en trois mots, que je dirais : joie, paix, unité. Joie des chants, des danses, des retrouvailles, de fêter ensemble cette nouvelle année ; paix pour laquelle nous prions, en particulier avec le témoignage des pèlerins venus d’Ukraine ; unité tant désirée et déjà visible, avec tant de personnes si diverses réunies pour rendre témoignage au même Seigneur.

    Bien sûr, ce ne sont que quelques jours, quelques jours pour quelques milliers de pèlerins : une goutte d’eau à l’échelle de Paris, davantage encore à l’échelle de ce monde. Mais c’est un signe d’espérance : un signe que, dans notre temps, quelques uns au moins espèrent, croient en la paix, en l’unité, dans la joie, la confiance et l’accueil du prochain. Puisse ce qui est un aujourd’hui un petit signe dans ma vie irriguer mon année, et puisse cette espérance rejaillir sur notre monde. (Cf Is 43, 19-20)

    Xavier (24 ans) 

    Mon message pour les jeunes serait : « Votre foi est un trésor, cultivez-la. » Que nous puissions par notre parole, notre écoute et notre présence être des témoins du Christ vivant ! Que nous puissions, comme à Taizé, à travers cette joie dans la simplicité, être des signes d’espérance pour le monde.

    Suzy L. (23 ans) 

    L’accueil de jeunes étrangers à Paris et périphéries a mobilisé de nombreux paroissiens au niveau de l’hébergement. C’était un grand événement initialement prévu pour les jeunes mais qui est en fait étendu pour toutes les générations pour ceux qui ont accepté d’accueillir. Des familles, des couples, des personnes seules, âgées ont accepté d’ouvrir leur porte pour aller à la rencontre.

    J’ai pu vivre cet accueil avec mes parents qui ont hébergé chez eux deux ukrainiens et deux slovènes. Le premier soir nous avons pu échanger sur leurs réalités de vie dans leur pays, leur culture, ce qui les porte dans leur vie. C’était beau de les voir parler de leur foi et de leur joie d’être ici pour vivre ces rencontres européennes de Taizé. J’ai pu voir qu’il y avait beaucoup à recevoir à travers de simples moments partagés, en prenant le temps de la rencontre et accepter d’adapter son quotidien pour accueillir.

    J’ai pu assister à une prière du matin avec les jeunes rattachés à la paroisse de Bussy. C’était beau de voir cette diversité de jeunes réunis pour prier, avec des chants méditatifs où tout le monde peut se retrouver. On chante dans plusieurs langues différentes et cela permet je trouve d’être en communion plus facilement avec le monde. Nous avons tous un quotidien bien rempli (des études, un travail) et des changements dans nos vies, il est parfois difficile de s’arrêter pour prendre le temps de la rencontre avec Dieu et avec d’autres. Pourtant, des milliers de jeunes se sont réunis à Paris pour prier pour le monde, pour la paix, pour échanger sur leurs doutes et leurs joies. Ces moments nous permettent en tant que jeunes de s’ouvrir au monde, de partager nos réalités de vie qui souvent se rejoignent, de se sentir compris, d’espérer ensemble et d’avancer plus sereinement en tant que jeunes chrétiens du monde.

    J’aimerai que nous puissions davantage nous mélanger. Que ce soit entre jeunes de différents pays et cultures mais aussi entre générations. Se réunir, échanger permet toujours de faire émerger de nouvelles idées, d’apprendre des choses, de s’ouvrir à d’autres horizons. Dans un monde où notre foi et notre espérance peuvent être mises à l’épreuve, nous avons besoin en tant que jeunes d’être accompagnés, rassurés dans un sens et de pouvoir s’exprimer. 

    En sortant de ce type d’événements (Taizé, JMJ, Jubilé, rencontres et sessions diverses), je me sens plus confiante à avancer, revigorée d’une énergie nouvelle et d’une envie d’aller à la rencontre de l’inconnu. Je pense qu’il est important d’en proposer et d’en saisir un maximum.

    Marie C. (25 ans) 

    J’étais plein de joie de pouvoir participer à cette rencontre. J’avais, en plus, la chance de participer en tant que volontaire de l’équipe d’organisation à Ivry-sur-seine avec la Mission de France. 

    J’étais particulièrement touché par le nombre de participants venant de l’Ukraine.  Je trouvé que c’était un vrai témoignage de la recherche d’une paix durable. Les voir danser le jour de la fête des nations m’a donné tant de joie et aussi d’espérance ! J’osai rêver qu’un jour la guerre s’arrêtera et qu’ils pourront alors danser et célébrer leur culture en toute liberté. Pour le moment j’avais comme un avant goût de tout cela.

    Avant la rencontre de Taizé-Paris, j’étais nouveau sur Marseille. J’avais du mal à m’intégrer. Avec la rencontre de Taizé, certes mes problèmes ne sont pas partis, mais je sentais bien que je pouvais les surmonter. Je me suis senti ressourcé. La rencontre m’a donné de nouvelles énergies pour franchir mes soucis.

    Dieu est bien présent. Même si nous ne le remarquons pas toujours. Il est dans notre quotidien, dans chaque geste de tendresse que nous posons dans notre lieu de travail, à l’école, et aussi dans nos maisons. Bizarrement, il est aussi sur nos réseaux sociaux, quand nous écrivons nos commentaires. Chaque jour, une opportunité nous est présenté pour notre foi dans ce Dieu Amour.

    Charles M. (32 ans)

    Je peux dire qu’au-delà des milliers de jeunes et de l’ambiance de la rencontre de Taizé, ce qui me reste c’est le visage des autres. On arrivait de toute l’Europe et parfois de plus loin, sans se connaître, mais il y avait une curiosité et une bienveillance tellement naturelle entre nous ça apaisait vraiment le cœur de voir cette ouverture d’esprit. 

    Mais ce qui m’a vraiment étonné, c’est la rencontre avec les jeunes Ukrainiens. Honnêtement, j’avais peur avant de leur parler, je ne savais pas trop comment me comporter face à leur réalité. Et en fait, ce sont eux qui nous ont donné une leçon de vie. Leur joie de vivre était incroyable. Ils venaient d’un endroit où l’on pourrait croire que l’espoir est mort, mais ils étaient là pour manifester leur foi et une résilience. En les voyant rire et prier, j’ai compris que pour eux, la vie est un choix qu’on fait chaque matin, malgré tout le chaos. 

    Je peux aussi ajouter qu’aujourd’hui, les chants de Taizé font partie de ma vie de tous les jours. Je commence mes journées avec eux ils ont quelque chose qui apaise. Ça crée un calme intérieur qui rend mon quotidien, avec son stress et sa course, beaucoup plus facile à traverser. C’est comme si, chaque matin, ces chants me reconnectaient à la force de ces jeunes rencontrés à Paris et me rappelaient que, moi aussi, je peux choisir la paix et la joie.

    Ornella G. (22 ans)

    Avec l’accueil et les rencontres des jeunes, des questions : comment vit l’autre ? Qui est-il ? Qu’a-t-il à me dire ? Frères dans la foi, nous avons aussi pu parler de nos vécus personnels et de l’Eglise dans nos pays respectifs. (…) A l’image de passages dans les évangiles, à l’image du souci de Dieu pour chacun et chacune de nous, nous avons reçu de nos amis en abondance.

    Offrir totalement et sans calcul, sans attendre de se faire un avis ou une idée sur l’autre. Une invitation à entamer 2026 dans la confiance renouvelée dans l’autre, en lui offrant totalement l’amitié et le soin.

    En nos coeurs résonnait peut être cette parole de Saint Jean pleine du souffle de Dieu : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière ». (1 Jn 2,10) Comme envoi et conclusion, nous avons repris ensemble le chant en Polonais « Bog jest miloscia » (« Dieu est amour »). Et chacun est reparti chercher comment vivre l’Evangile dans le monde aujourd’hui. Au travers de ces partages, ces chants et ces sourires, sûrement que Dieu, le premier, se réjouit et rend grâce.

    Antoine M. (25 ans)